Antoinette Rychner est autrice et dramaturge suisse de langue française.
Photo : 2025 © guillaumeperret.com
Son œuvre s’attache autant aux livres qu’aux arts vivants. Née en 1979 à Neuchâtel, elle vit actuellement dans la région des Franches-Montagnes (Jura suisse).
Le travail d'Antoinette Rychner selon Nicolas Heiniger, journaliste suisse romand:
Ouvrir un livre d'Antoinette Rychner, c'est entrer dans un monde où le quotidien côtoie l’extraordinaire.
Ses histoires sont ancrées dans le réel, pour ensuite s’ouvrir sur d'autres possibles. Un peu comme le grand tilleul qu'observe jour après jour la narratrice de «Devenir pré»: solidement enraciné dans la terre, pour permettre à ses branches de se déployer vers le ciel, vers l'ailleurs.
L’inventivité dont fait preuve l’autrice repose sur un travail de recherche minutieux et conséquent. Son écriture est fluide, sans aspérité inutile, mais riche et souvent audacieuse. L’écrivaine passe volontiers d'un style soutenu à des termes plus triviaux ou des régionalismes ; chez elle, on fait donc attention à ne pas éclaffer la tarte aux cerises et on regarde tomber les tatouillards. Les sauts entre ces différents registres de langue visent à faire rire, mais aussi à désamorcer ce qui pourrait devenir trop solennel.
Ses personnages naviguent entre héroïsme et égoïsme, entre certitudes éphémères et doutes existentiels, et sont souvent dépassés par les événements. Elle dépeint cette humanité profonde avec une tendresse teintée de dérision. Comme lorsque l’héroïne de «Ma Forêt», frustrée qu’on lui donne tort, s’arrache les cheveux par touffes entières, sans être le moins du monde remarquée par les autres protagonistes.
Quand le drame surgit, c’est là où on l’attend le moins. Ainsi, une bête circulaire pour une course d'école peut conduire à l'incendie du domicile, ou des retrouvailles chaleureuses entre de vieilles amies tourner au massacre. Qu’elle imagine une société effondrée dans «Après le monde» ou qu’elle raconte l’expérience intime de sa propre famille touchée par la maladie dans «Peu importe où nous sommes», l’autrice décrit ces différentes catastrophes avec sobriété, sans pathos.
Antoinette Rychner se revendique de l’écoféminisme, ce qui se remarque tant au niveau formel (récit au féminin pluriel ou en écriture inclusive par exemple) que dans les sujets abordés. La parentalité, le partage des tâches domestiques et l’éducation des enfants sont des thèmes qui traversent toute son œuvre. La sexualité aussi, parfois tendre, parfois crue, solitaire ou joyeusement "foutraque", mais jamais convenue.
Quant au côté «éco» de cet écoféminisme, il se traduit dans son œuvre par l’omniprésence du vivant, matérialisé par de nombreux animaux et végétaux, réels ou imaginaires, allant de la plante dotée d’yeux au castor géant. Entre beaucoup d’autres.
En parallèle aux livres qu'elle publie, Antoinette Rychner produit des performances littéraires :

2026, Théâtre Le Meta, Poitiers, festival Textes ! en partenariat avec les éditions les Solitaires Intempestifs. Photo : Xavier Cantat.








